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des établissements scolaires ont au moins un bâtiment construit avant juillet 1997 et sont donc susceptibles de contenir de l’amiante*

Y a-t-il de l'amiante dans votre établissement ?

* Page 188 du rapport 2016 de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement), on peut lire : « Sur le total des réponses, 85% des établissements sont concernés par le dossier technique amiante car le permis de construire d’au moins un de leur bâtiments est antérieur au premier juillet 1997 ».

Pour un véritable plan amiante
dans l’Éducation Nationale

En juin 2019, Santé publique France a publié des chiffres inédits sur les cas de mésothéliomes pleuraux, ces cancers spécifiquement liés à l’amiante, dans l’Éducation Nationale. Sur la base de ce rapport, on estime qu’en vingt ans, au moins 410 agents et professeurs de l’Éducation Nationale ont perdu la vie en raison d’une exposition à l’amiante dans un établissement scolaire. Après le diagnostic d’un mésothéliome, l’espérance de vie moyenne est réduite à douze mois. Ces chiffres, déjà très inquiétants, ne répertorient pas les autres cancers liés à l’amiante et ne concernent que les personnels. Et qu’en est-il pour les élèves, exposés au même risque ?

Face à ces constats alarmants, nous réclamons un plan d’action contre l’amiante dans l’Éducation Nationale, et souhaitons rencontrer le ministre de l’Éducation Nationale afin d’anticiper les situations de blocage et de prévenir les risques d’exposition à l’amiante et leurs effets pour les élèves et les personnels. Ces dernières années, plusieurs écoles se sont retrouvées face au même scénario : des enseignants, des parents, soutenus par des associations et des organisations syndicales, ont alerté les responsables de l’Éducation Nationale. Ils se heurtent systématiquement à l’inertie du ministère. Les personnels qui exercent leur droit de retrait font face à des pressions de leur hiérarchie dans des situations où le danger est pourtant manifeste.

De l’invisibilisation des risques

Le manque d’informations fiables, la communication souvent désastreuse des collectivités territoriales et des rectorats inquiètent la communauté éducative. La disparition programmée des CHSCT, les menaces pesant sur l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS) concourent à l’invisibilisation des risques et des atteintes à la santé.

Interrogé à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, a annoncé la constitution d’une cellule sur le bâti, sans donner d’informations sur son fonctionnement, sa constitution, son périmètre d’action ou son financement. En précisant cependant que l’entretien des établissements scolaires est de la responsabilité des collectivités locales. Mais la santé, la sécurité des élèves et des personnels sont du ressort de votre ministère. Pour quelles raisons n’est-il pas en mesure de rendre public le nombre d’établissements concernés et potentiellement dangereux ? Comment se fait-il que la loi ne soit pas respectée dans de nombreux établissements scolaires ? Pourquoi ne pas informer les parents, qui confient chaque jour leurs enfants à l’institution ? Monsieur le ministre, combien faudra-t-il de morts et de malades supplémentaires, avant que le problème soit réellement pris en compte et élevé au rang de priorité nationale ?

Du non-respect de la loi

Depuis plus de vingt ans, la réglementation amiante n’est pas respectée. Il est temps d’agir. Nous réclamons la transparence. Nous exigeons que toutes les mesures soient prises afin de protéger la santé des enfants et des personnels. Nous réclamons la constitution d’une base de données consultable par tous, afin d’établir un état des lieux exhaustif de la présence d’amiante dans les établissements scolaires. Nous réclamons la réalisation et la mise à jour des dossiers techniques amiante (DTA), conformément à la réglementation. Nous réclamons le repérage systématique avant travaux, y compris pour les travaux de maintenance. Nous réclamons également des mesures d’urgence qui concernent la formation des agents de maintenance et d’entretien (2), de l’ensemble des personnels, ainsi que l’information des usagers. Nous exigeons que chaque agent concerné dispose d’une fiche d’exposition au risque amiante.

Alors que les dernières décennies ont été émaillées de combats emblématiques contre l’amiante, et que l’incurie institutionnelle nous coûte toujours plus de 3 000 morts par an, personne ne devrait plus risquer sa vie en étudiant ou en travaillant dans les écoles.

Tribune coécrite et cosignée par FCPE, Ferc CGT, FSU, SUD Éducation Union syndicale Solidaires, UNL, Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante), AVA (Association nationale des victimes de l’amiante et autres polluants), Association Henri Pézerat, Ban Asbestos France, CAAJ (Comité anti-amiante Jussieu), Urgence Amiante Écoles, USB (Urgence santé Brassens), Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône)

Tribune initialement publiée dans Libération.

Interdit en France depuis 1997, l’amiante n’a pourtant pas disparu de nos écoles, collèges et lycées. La dangerosité de ces fibres invisibles et inodores ne diminue pas avec le temps. Avec le vieillissement du bâti, et les travaux qui tardent parfois, le risque d’une exposition des élèves et de l’ensemble du personnel est plus élevé que par le passé.

Le problème n’est pas suffisamment pris aux sérieux. Tous les établissements, dont un des bâtiments date d’avant juillet 1997, devraient légalement avoir un Dossier Technique Amiante (DTA) indiquant où il y a de l’amiante et dans quel état ; or 30% des écoles primaires et maternelles n’ont toujours pas de DTA.

Est-il nécessaire de rappeler que des expositions brèves suffisent pour développer des cancers mortels 30 à 40 ans plus tard ? Ce délai ne contribuerait-il pas à diluer les responsabilités et à perpétuer l’oubli ? Nous refusons tant d’inertie et de cynisme !

Il est urgent d’établir un état des lieux détaillé et exhaustif de l’amiante dans tous les établissements scolaires pour éviter de mettre en danger les élèves et personnels. Et mettre les autorités face à leurs responsabilités.

Seuls les CHSCT exercent aujourd’hui une mission de prévention des risques, et voilà qu’ils sont promis à la disparition à la fin de leur mandature actuelle…

Les responsables politiques ne nous écoutent pas ? Agissons sans eux.

Tout parent d’élève, tout membre du personnel doit pouvoir accéder librement et sans restriction au DTA, conformément à la loi. Agissez en réclamant la fiche récapitulative de ce document au chef d’établissement et en nous envoyant les informations.

Nous lançons une enquête citoyenne sur l’amiante dans les écoles avec le soutien des associations qui accompagnent des victimes et des familles en deuil. Aidez-nous !

par le collectif Urgence Amiante Écoles

soutenu par l’ANDEVA, l’AVA, l’Association Henri Pézerat, Ban Asbestos France, la CAVAM, le Comité Anti Amiante Jussieu et le Réso A+

Tribune initialement publiée dans Libération.

Un recensement officiel des malades de l’amiante dans les écoles !

Communiqué de presse du 27/06/2019

 

Santé Publique France publie aujourd’hui un rapport avec de nouveaux chiffres sur les conséquences de l’exposition à l’amiante intitulé « Exposition à l’amiante et mésothéliome pleural. Retour sur 20 ans de surveillance. »

Depuis 1998, 400 enseignants et personnels de l’éducation nationale ont contracté un mésothéliome pleural, cancer de l’amiante qui réduit l’espérance de vie à 12 mois après diagnostic.
Par ailleurs, 1 230 autres personnes ont contracté un mésothéliome après avoir exercé au moins une fois dans leur carrière une profession dans le milieu de l’enseignement.

La publication de tels chiffres est inédite en France. Fait remarquable, ces données recensent les mésothéliomes mais ne concernent pas les épanchement pleuraux ou autres maladies de l’amiante.

Suite à cet état des lieux alarmant le rapport plaide « en faveur d’un renforcement nécessaire de la prévention du risque amiante et de l’information sur les possibilités de recours aux dispositifs de reconnaissance médico-sociaux existants », concernant plus spécifiquement la prévention dans les établissements publics.

Ces conclusions rejoignent les demandes répétées de l’association Urgence Amiantes Écoles qui réclame la transparence et la publication des données amiante dans les établissements scolaires ainsi que la mise à jour de tous les DTA (dossiers techniques amiante) afin de prévenir le risque.

Un tel état des lieux est intolérable ! Nous demandons au ministère de l’Éducation Nationale, en charge de la santé et de la sécurité des personnels, d’agir en urgence et de lancer un grand plan de prévention et de désamiantage des écoles.

Association Urgence Amiante Écoles

Pour aller plus loin :

Partagez ! Faites tourner ! Pour convaincre vos ami·e·s et collègues qu’il est urgent de faire bouger la situation et qu’il s’agit simplement de demander l’application de la loi…